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En route pour
Vancouver, pour le remarquable 100 e anniversaire de
l’Alliance Française d’une ville de seulement 127 ans, le
sénateur des Français de l’étranger, Louis Duvernois, a tenu à
faire une escale de quatre jours dans la Baie de San Francisco
qu’il était déjà venu visiter au début de l’année.
Sa première visite
l’avait sensibilisé aux problèmes rencontrés par les parents
désireux de maintenir la langue et la culture françaises pour
leurs enfants, qu’ils soient ou non scolarisés dans les
établisse-ments d’enseignement français. Il est repassé en
apportant deux importantes nouvelles.
M. Duvernois a
expliqué aux Français l’importance, pour la France, de la
construction européenne et les implications de cet
investissement européen pour les Français qui n’y vivent plus.
Le gouvernement français tourne prioritairement ses efforts
vers les pays d’Europe de l’Est pour rouvrir ou ouvrir des
établissements dans des pays dont le communisme les avait
chassés. Par contre, nous dit
M. Duvernois, si,
pour cette raison, l’AEFE, l’Agence pour l’Enseigne-ment
français à l’étranger, ne souhaite pas disperser son soutien
en Amérique du Nord ni trop y agrandir le réseau des écoles,
grâce au travail des sénateurs des Français de l’Etranger,
elle n’est pas fermée à d’autres initiatives.
M. Duvernois prône
les collaborations avec l’école publique locale. Fort de trois
expériences réussies aux Etats-Unis, il pense qu’il faut
proposer aux bonnes écoles locales, en commençant par le
primaire, un programme de français dont le but est de former
des enfants bilingues.
L’AEFE et les
attachés culturels des consulats apporteraient la légitimité
nécessaire à la négociation avec le département pour
l’Éducation américain et la Mission Laïque apporterait son
savoir-faire.
Ceci est crucial
en Californie dont on connaît les exigences en termes de «
Licencing » et de « credits » pour le recrutement des
enseignants dans le système public.
Ce système de
double curriculum intégré dans le système américain lui semble
plus favorable à l’élève et à la diffusion de la culture
française que le CNED après l’école pour les familles n’ayant
pas les moyens ou ne souhaitant pas scolariser leurs enfants
dans les établissements du réseau.
Cependant, étant
donné l’urgence — les recherches montrent qu’un enfant qui
quitte le système éducatif français ne doit pas en être
éloigné plus de deux ans pour pouvoir y revenir dans de bonnes
conditions — M. Duvernois comprend le recours au CNED.
Il a d’ailleurs
rencontré l’Association de Palo Alto, la PAFEA, qui offre le
CNED à 41 enfants et celle de Marin County (11 enfants). Mais
il prône des collaborations avec les cinq écoles
franco-américaines du réseau pour garantir la qualité
pédagogique de l’opération.
C’est ce qu’il a
eu l’occasion de défendre auprès des chefs d’établissements
qu’il a tous rencontrés au cours de ce marathon orchestré par
Jean-Claude Zambelli. M. Duvernois a également rencontré des
parents d’élèves ou d’anciens élèves et des représentants des
enseignants pour lesquels les conséquences de la réforme de
l’AEFE ne sont pas élucidées.
Le second message
de M. Duvernois concerne « le grand débat national sur
l’Avenir de l’Ecole », (www.debatnational.education.fr), lancé
en septembre. Le sénateur, comme de nombreux chefs
d’établissements aux Etats-Unis, pense que les établissements
français de l’étranger ont une longue expérience à communiquer
pour alimenter la réflexion dans l’Hexagone.
Ils sont, en effet,
la preuve que l’excellence du cursus français peut être
conservée avec des modes de fonctionnement et de gestion
extrêmement différents.
M. Duvernois a
obtenu de Claude Thélot, président de la commission, que les
Français vivant hors de France puissent participer à ce débat
et, a demandé à l’Union des Français de l’étranger d’être un
des vecteurs de cette communication.
Jean-Claude
Zambelli, président de l’UFE de San Francisco, qui organise le
15 novembre prochain un séminaire de réflexion sur « la
Scolarisation des Enfants Français vivant hors de France », en
profitera pour lancer cette consultation. Consulté juste avant
son départ, M. Duvernois s’est montré confiant pour l’avenir.
Les établissements
malgré des effectifs quelque peu réduits ont globalement
surmonté la crise et les mentalités évoluent dans la recherche
de solutions alternatives. Il est donc reparti avec beaucoup
de questions à débattre au Sénat ou à poser au ministère de
l’Education nationale (statut des enseignants, accès à
l’université française pour les enfants du CNED,
homologation...). A suivre !
Par
Christine FRIN
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